Humaniser l’IA : rédaction web, SEO et travail éditorial

Rédaction web et IA : retravailler les textes, garder la main

 

Depuis que j’utilise l’IA comme outil d’aide à l’écriture, j’ai appris une chose très simple : les phrases directes fonctionnent mieux que les phrases trop bien écrites.

À chaque fois que je demande de supprimer ou de reformuler des expressions comme :

  • « au-delà de… »
  • « dans un contexte où… », « dans un monde où… »
  • « à l’heure où… »
  • « ce n’est pas seulement…, mais… »
  • « plus que…, c’est… »

Le texte gagne immédiatement en clarté. Il devient plus lisible, plus précis, plus crédible.

Ce constat vaut en SEO, en rédaction éditoriale, comme en communication institutionnelle. Même lorsque le fond est pertinent, une forme trop abstraite ou trop convenue finit par affaiblir le message.

Un exemple concret : même sujet, deux traitements éditoriaux

Pour illustrer, voici un extrait de texte généré clé en main sur un sujet lifestyle. Le fond n’est pas faux. La structure est propre. Mais le texte cumule plusieurs automatismes très reconnaissables.

Version générée (extrait)

Dans un hiver où les lignes architecturales rejoignent les mouvements du corps, la botte cavalière se réinstalle comme un pilier silencieux du vestiaire contemporain.
À l’heure où les maisons revisitent leurs archétypes, cette silhouette longiligne s’impose comme un trait d’union entre héritage et modernité.
Plus qu’un élément stylistique, elle devient un geste esthétique, un ancrage.

Pris phrase par phrase, rien n’est incorrect. Mais l’ensemble repose sur des structures rhétoriques très fréquentes : oppositions automatiques, vocabulaire générique, absence de point de vue réel. Le texte pourrait s’appliquer à une botte, un sac, une lampe ou un restaurant sans presque rien changer.

Voici exactement le même sujet, retravaillé, sans modifier le fond.

Version retravaillée

Cet hiver, la botte cavalière revient sur le devant de la scène.
Sa ligne droite, sa hauteur maîtrisée et son cuir structuré en font une pièce qui traverse les saisons sans perdre en pertinence.

Loin d’un simple effet de mode, elle répond à une recherche d’allure durable : fonctionnelle, confortable, mais suffisamment forte pour structurer une silhouette.
Ce retour n’a rien de nostalgique. Il traduit surtout un besoin de vêtements lisibles, stables, qui tiennent dans le temps.

Même thème. Pas plus long. Mais un texte plus lisible, plus incarné, et surtout moins interchangeable.

Ce que je retravaille systématiquement dans un texte généré par l’IA

Sans jamais rejeter l’outil, je fais toujours plusieurs passes humaines complémentaires. J’ajoute, si nécessaire, des exemples concrets, des anecdotes et du vécu. Concrètement, je retravaille ou supprime :

  • les introductions vagues du type « dans un contexte où… », « à l’heure où… »
  • les oppositions automatiques (« ce n’est pas seulement…, mais… »)
  • les formules passe-partout (« s’impose comme », « incarne », « entre X et Y »)
  • les métaphores interchangeables (héritage / modernité, audace / douceur, passion / maîtrise)
  • les phrases longues qui n’apportent pas d’information concrète
  • les répétitions de structures syntaxiques d’un paragraphe à l’autre

L’objectif n’est pas de faire « moins bien », mais de faire plus juste : clarifier le propos, assumer des phrases simples et redonner une voix humaine au texte.

Le vrai sujet n’est pas l’IA, mais le travail éditorial

J’ai ressenti la même chose en lisant certains textes dénonçant les dérives de l’IA… écrits eux-mêmes avec une IA. Des phrases longues, très structurées, pleines de concepts, mais pauvres en informations concrètes. On comprend l’intention, mais on peine à saisir le propos.

Le débat se focalise souvent sur des signes visibles (tiret cadratin, emoji fusée, sauts de ligne…), alors que le problème est plus large : la répétition de structures, de rythmes et de formules que beaucoup de lecteurs identifient désormais immédiatement.

Revenir à des phrases simples n’est pas un appauvrissement. C’est un choix éditorial. Un choix qui suppose de couper, de reformuler, et d’assumer une écriture plus directe, particulièrement adaptée au web.

Oui, je l’utilise et je la défends, mais jamais en version brute

Oui, j’utilise l’IA sur mes sites, et dans ma communication écrite à tous les niveaux – comme beaucoup aujourd’hui. Pourquoi s’en priver ? Mais je retravaille systématiquement les textes. C’est précisément là que se situe la valeur ajoutée humaine : dans le tri, la simplification et les décisions prises à chaque étape.

L’IA est très efficace pour structurer, proposer des angles, accélérer certaines phases. Le reste — la justesse du ton, le rythme, la clarté — relève toujours du métier d’auteur et d’un vrai travail éditorial.

Et en SEO, cette approche n’est pas théorique : les contenus ainsi retravaillés performent, se positionnent et durent.

Si je publie sans retravailler ce que génère le robot, alors je deviens moi-même un robot, une simple exécutante qui laisse l’outil décider à ma place. Pas question.

Plus on itère, plus la voix se précise

À force d’utiliser l’IA au quotidien, je remarque un phénomène intéressant : plus on échange, plus on corrige, plus on revient sur ses propres choix, plus les propositions deviennent proches de ce que l’on aurait écrit soi-même.

Ce n’est pas de la magie. C’est le résultat d’un dialogue itératif : on fournit des contraintes, on rejette ce qui ne colle pas, on valide ce qui ressemble à sa voix, on ajuste le niveau de simplification, on rappelle ses objectifs. Au fil du temps, l’IA finit par proposer des sorties plus alignées avec les préférences de style, les valeurs et la manière de travailler de l’auteur.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

C’est aussi pour cela que je défends une utilisation « active » de l’IA : l’outil est puissant, mais il a besoin d’un pilote. Sans ce travail de reprise, on obtient un texte standard. Avec quelques itérations et un vrai regard éditorial, on retrouve une voix, un rythme, une intention.

Je l’ai observé en SEO, mais aussi sur des sujets très différents (par exemple un projet de rénovation) : si je m’éloigne de l’objectif initial, l’IA peut m’aider à recadrer… à condition que je lui aie donné, au fil du temps, suffisamment de contexte sur ce que je cherche vraiment.


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